j'écoute Salif Keita en essayant de reculer le moment où je vais devoir traduire en anglais : "souvent je marche avec une amie jusqu'à la gare, nous parlons de choses et d'autres, puis nous prenons le train ensemble, une fois assisent nous préferons lire" je nous, vous, me l'accorde c'est bâteau ..
raconter fabuler simplifier se rappeller.
je connais ce disque à chaque son, chaque note, le tout produit sur moi un effet bizarre -d'habitude- je pense au sable, à des fesses qui se déhanchent aux notres qui essayons de prendre le rythme au démarrage au produit vaiselle aux peintures sur les carreaux blancs de myriam aux myrtilles pour le clafoutis aux voisins à la piscine à la deux chevaux bleu qu'il faut allumer par le bouton pour laver les vitres aux lapin de luce.
non, c'est différent je me frotte les yeux, ça me brûle, je presse deux de mes doigts contre ma paupières fermées et parce que j'appuye un peu je vois dans le noir se dessiner des formes étranges, un sorte de jaune pas vraiment réel. Je pense que demain je serais chez le Mme B. quelle aura toujours ces yeux verts et ce stupides maquiliages mauves sur les paupières, quelle parlera de choses qui ne la regarde pas, qu'elle ne me fera pas de vérification du coleret parce que "vous vous rendez compte les questions auxquelles je dois répondre ?", qu'elle me dira que je n'ai pas la tuberculose et quelle fera une remarque que le rond en stylo bille qu'elle m'avait demandé de faire, que je lui dirais au-revoir et qu'elle me souhaitera "bonne chance" comme si .. ,et qu'en disant cela elle me montrera ces longues dents qu'on dirait usées par le tabac. Je n'ai pas envie de tout ça, j'aimerais m'allonger dans l'herbe et dormir sans avoir quelque chose a faire avant ou aprés sans avoir des obligations
j'aime pas les moments où l'attention est tellement portée sur vous que plus rien ne compte à par les regards, et quelques points d'interrogation qui se prennent dans les branches. Ca m'est arrivé il n'y a pas trés longtemps, j'étais pieds nus dans l'herbe j'allais et je venais vers le frigo pour prendre des crèpes que je tartinais allègrement de nutella, puis on me dis ça entre deux coups de fourchettes dans un gâteau aux fraises, "passe moi le sucre" non c'est pas une histoire de sucre, c'est l'inverse un truc tellement important que ça vous cloue le ventre durant quelques semaines. Ces regards .. ils n'y a plus que leur présence, leur regard penché vers moi c'est comme si on était dans un espace transitoire, le temps c'est arrèté, il n'y a plus d'herbe sous mes pieds, plus d'oiseaux qui sifflent, plus de vents qui fait se frapper les feuilles.




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