il y a youjours une bouteille posée à côté de mon lit, juste à la pointe de mon oreillié, et quand je dors à l'angle droit de mes lêvres. Quand je vais bien que je suis gonflée d'une fièvre majestueuse, elle me sourit jusqu'au bouchon, son bouchon rond et noir. Quand tout passe un peu moins bien, elle me sert de boué, même si elle n'affiche pas le pavillion orange et blanc, elle se tient prête.
je la devisse lentement, comme si ce temps que je gagnais allais me permettre de me résonner, mais cela n'arrive jamais.
le liquide cogne au fond de la bouteille, et me fait penser au bruit des vagues qui claquent leurs langues contre les parois des falaises. j'en prends toujours deux gorgées, pas trois ni une, juste deux, au cas ou la première ce sentirais seul.
je ne sais pas si c'est raisonnable, à ces moments là ça n'a plus beaucoup d'intéret, mais je crois qu'à force j'ai appris à en avoir besoin, sans trop me poser de question.
bref, le liquide se colle au parois de ma bouche, s'étalle sur mon palais et chauffe d'abord ma gorge puis mon ventre, je le sens, c'est bien à l'intérieur je ne sais pas où, mais tassé quelque part.
je me sens bien, je dis ça par pur reflèxe, peut-être pour me donner une raison ... je ne sais pas. mais au moins cette mascarade me permet de sentir mon corps tout entièrement, j'aime comprendre qu'il est tout aussi retourné que moi, qu'il suit mes pas.
mes mouvements se détachent mes pensées, ils sont faux, comme si l'air s'était allourdi tout d'un coup, et que je peinais à déplacer mes membres, je tremble un peu, ça va passer et puis c'est rassurant j'en connais la source. les livres qui trébuchent entre mes doigts et personne qui ne se rend compte de rien.













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